Photoscopies

Tirages pigmentaires sur papier Hahnemühle. Contre-collage sur plaque d’aluminium.

J’utilise ici le photogramme, un procédé bien connu des surréalistes permettant de réaliser des photographies sans appareil photo.

La méthode mise en oeuvre consiste à placer dans une enceinte fermée plusieurs objets – tels que du plastique et du carton d’emballages – en contact avec une surface photosensible. Cet espace dispose d’orifices permettant l’entrée de lumière qui pendant un court instant vient exposer la surface photosensible.

Les photographies en noir et blanc ainsi produites font apparaitre les ombres déformées des objets mais pas seulement. Des espaces à trois dimensions faits de volumes et de reliefs sont aussi révélés. L’image de ces objets prend parfois une coloration poétique; certaines formes presque abstraites ouvrent à de nouvelles interprétations.

Dans cette première phase de création, le choix du positionnement des objets par rapport à la surface photosensible est réfléchi mais imprécis. La définition des sources d’éclairages est quant à elle maîtrisée. Les photographies ainsi créées le sont de manière partiellement fortuite.

Le papier photosensibilisé est ensuite imprimé puis numérisé. La « photoscopie » peut alors commencer …

L’observation de ces photographies en noir et blanc est déboussolante. L’orientation des images reste à définir et leur composition à réinventer. Plusieurs lectures sont parfois possibles.

J’opère alors des découpages virtuels de l’image et définis des partitions dont j’exploite la dimension narrative en associant la couleur au noir et blanc, et le négatif des images au positif. Ces duos rentrent en dialogue, se nourissent et s’enrichissent pour ne former qu’une seule photographie.

Mon approche est construite, pensée mais aussi intuitive ou spontanée dans le but de créer un contact émotionnel avec l’image. Elle ouvre des fenêtres de lectures qui nous renvoient parfois au réel, nous interpellent et interrogent.

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Art